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LE MOT DE LA COMMISSAIRE FNCF 2013
mot de la commissaire du festival mme hamida agsous

Madame Hamida Agsous Commissaire de festival national de la création féminine en algerie
  MA TERRE…  MA LIBERTE DE CREER
Festival Algérie - feminin
Trois éditions consacrées à notre mission de promotion et de mise en valeur de la création féminine en Algérie se sont déjà tenues.

Trois éditions qui ont constitué une sorte de « cycle du fil » avec le tissage en 2010, la broderie d’art en 2011 et les accessoires du costume en 2012.

Et voici donc la quatrième pour laquelle le comité d’organisation a choisi d’aller à la découverte d’un nouvel univers, celui de la terre en tant que matériau de l’imagination et du talent.

Il s’agit là de la première particularité de cette édition.

La deuxième réside dans le fait qu’à travers la mise en lumière des arts de la terre et de la matière (où nous avons voulu réunir des disciplines aussi voisines et diverses que la poterie, la céramique, la mosaïque et la sculpture), il y avait pour nous l’évidence du lien entre les notions de « terre-matière » et celle de « terre-patrie » ou « terre-patrimoine » auxquelles nous voulions nous référer afin de placer l’édition 2013 dans le cadre de la commémoration du cinquantenaire de notre pays.

La troisième particularité de cette édition concerne donc le choix du slogan « Ma terre… ma liberté de créer » qui établit une liaison entre la défense de la terre « Algérie » à la faveur du cinquantenaire de son indépendance et l’oeuvre artistique réalisée par l’utilisation de ce matériau si fécond, si tendre, si noble, si essentiel qu’est la terre… notre terre.

Pour concrétiser ce lien entre la « terre-patrie » et « la terre matière à arts », une figure « symbole » s’est tout de suite imposée à nous : Aïcha Haddad. En effet, qui mieux que la regrettée Aïcha Haddad pouvait incarner une telle symbolique, elle qui fut moudjahida, peintre et sculpteure en même temps que pédagogue et formatrice ? L’ensemble de cette édition du Festival de la création féminine est donc dédié à cette femme admirable de courage, de force et de tendresse. A cette personnalité si attachante qui avait pris les armes contre le colonialisme, puis les pinceaux et la gouache après l’indépendance pour donner libre cours à son inspiration et à ses rêves.

L’édition 2013 est celle des arts de la terre et de la matière car, en dépit, d’une histoire où l’entreprise de déculturation coloniale a commis des désastres, en dépit encore des aléas du temps et des déperditions qui l’accompagnent, en dépit enfin des effets de la modernisation des objets et des environnements, ces arts de la terre et de ses divers éléments ont survécu et trouvent même de nouvelles voies à travers la création contemporaine.

Et ce sont les femmes qui, du passé le plus lointain et jusqu’à nos jours, en tant qu’artisanes ou artistes, y ont marqué leur présence, créant des oeuvres qui constituent un patrimoine culturel immense. Les potières de Maâtkas en Kabylie, de Tamentit à l’extrême sud du pays, du Chenoua et de Sidi Sémiane (Tipaza), ou encore de Beider (Tlemcen), héritières d’un art ancestral, transmis entre d’innombrables générations, continuent à perpétuer les gestes et les techniques liées à l’art millénaire de la poterie. D’autres femmes qui, pour leur part, ont emprunté les voies du renouvellement, de l’innovation ou de la contemporanéité en tant que céramistes modernes et sculpteures, se sont tout de même inspirées des formes, des décorations et des techniques pratiquées par nos aïeules dans leurs oeuvres traditionnelles si sobres, si pures qui font encore la fierté de notre terroir.

Les premières ont appris leur métier quasi naturellement, à travers des processus d’apprentissage familiaux et communautaires. Les secondes sont soit autodidactes, soit issues des écoles de Beaux- Arts. Et si leurs démarches paraissent si différentes, elles partagent pourtant bien des aspects : de véritables passions intégrées à leurs existences ainsi qu’une même source inspiratrice puisque même les « modernistes » prennent souvent le patrimoine comme référence.

La transmission de génération en génération a toujours constitué le moyen essentiel de perpétuer les pratiques artistiques et culturelles. Ce qui nous a amenés à considérer toute l’importance d’associer les toutes nouvelles générations à ses démarches. Et c’est là, la quatrième particularité de cette 4e édition : nous avons voulu ouvrir les portes du Festival aux jeunes, aux graines d’artistes qui germent dans nos écoles d’art et parmi nos adolescentes des lycées et collèges d’Algérie.

C’est ainsi que trois étudiantes en sculpture de l’Ecole supérieure des beaux-arts d’Alger ont réalisé, sous la conduite de leur professeur, une oeuvre monumentale de trois mètres de haut. Commandée et financée par le Festival, celle-ci sera ensuite offerte à leur école pour y être exposée. De même, deux jeunes collégiennes de Sidi Ghilès, près de Cherchell, qui s’initient aux techniques de la mosaïque, exposeront leurs travaux prometteurs et contribueront activement à l’animation de l’atelier d’initiation réservé à cet art.

Nous sommes persuadés qu’en plus du besoin de référents extérieurs et des contacts avec la création dans le monde pour pouvoir se mesurer constructivement aux autres, nos artistes et notre art ne pourront que s’enrichir par les échanges entre les deux générations qui vont se côtoyer durant tout le Festival.

Ainsi, les Aïcha Haddad, artiste militante, les Ouiza Bacha (autre personnalité attachante de l’art de la céramique disparue le mois dernier) et toutes celles qui ont lutté pour avoir le droit de créer, de s’exprimer, de traduire leur sensibilité et leurs émotions à travers des oeuvres plastiques, et plus particulièrement celles qui façonnent et modèlent la terre et ses éléments au gré de leur imagination, peuvent être sereines.

Des jeunes filles vont marcher sur leurs pas et perpétuer un patrimoine culturel déjà très riche, mais que nous devons tous protéger et sauvegarder.

Madame Hamida M'hamsadji Agsous
Commissaire du Festival
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