Festival algérieHommage a aicha haddad et ouiza bacha FNCF 2013
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HOMMAGE AÏCHA HADDAD ET OUIZA BACHA FNCF 2013
hommage - Aicha haddad

Aïcha HADDAD
 AÏCHA HADDAD   … J’écris ton nom

Aïcha la moudjahida,
Aïcha la généreuse,
Aïcha la talentueuse,
Aïcha l’immortelle,

Si nous devions faire le choix d’un adjectif pour qualifier la grande artiste qu’est Aïcha Haddad, celui-ci serait au final nécessairement lié à la notion de liberté. Militante de la liberté, Aïcha le fut incontestablement toute sa vie. Dès les premières heures de la Révolution en 1954, Aïcha, âgée alors à peine de dix-sept ans, sera l’une des premières femmes à rejoindre les rangs de l’Armée de libération nationale (ALN). Son diplôme d’infirmière à peine décroché, elle rejoint en 1956 le maquis de la wilaya III sous les ordres du colonel Amirouche et prend, notamment, part aux assises du Congrès de la Soummam. Un an plus tard, en mission avec des compagnons sur la route de la Tunisie, elle est arrêtée par l’armée coloniale puis internée dans divers lieux de détention pendant plus de quatre ans. De ce passé glorieux, Aïcha, pleine de pudeur, n’en parlera jamais publiquement.

En 1962, sa liberté retrouvée, elle s’installe à Alger et s’adonne à ses passions d’enfance pour l’art et le dessin. Elle entame des études d’art dans la classe de Camille Leroy, à la Société des beaux-arts d’Alger où elle côtoie Nedjar, Hamchaoui, Belahla, Bencheikh

Portée par sa générosité et son sens du partage, elle opte dès 1966 pour une carrière dans l’enseignement des arts plastiques qu’elle poursuivra pendant plus de vingt ans. Au lycée Omar-Racim d’Alger, sa salle de dessin qu’elle conçoit comme « un lieu de détente où tous les modes d’expression étaient permis » aura marqué le parcours de plusieurs générations de jeunes filles qui, toutes, aujourd’hui encore, en parlent avec grande émotion.


Pour son plaisir, Aïcha peint
Hommage à aicha hadda fncf 2013
Ancrée dans son histoire, elle peint les cavalcades de Hchem, les marines de Béjaïa, elle peint les femmes, seules ou en groupes, et se dit captivée par le mystère et la poésie qui se dégagent du Sud algérien qui, avec la gamme des ocres du sable et les camaïeux de bleus des nuits sahariennes, sont, pour elle, une source d’inspiration intarissable. Grande admiratrice de Mohamed Racim, elle s’exerce également à l’art de la miniature et en réalise toute une série représentant différentes régions d’Algérie.

C’est à partir de 1972 que son talent se révèle au grand public. Sur insistance de sa famille, elle participe au concours de peinture de la Ville d’Alger où son tableau est primé. Elle s’engage alors dans la vie artistique algérienne et adhère, en 1973, à l’Union nationale des arts plastiques et, en 1975, à l’Union générale des peintres arabes.

C’est à cette période également qu’elle rencontre les peintres Farès, Zmirli, Temmam, Khadda, Ali Khodja, Bouzid, Souhila Belbahar, Leila Ferhat, Hakkar, Flidjani et, surtout, Baya avec qui elle entretient une amitié profonde et indéfectible.

Artiste prolixe, ses oeuvres sont exposées partout en Algérie comme à l’étranger. Son style d’abord figuratif puis impressionniste évolue sans cesse. Résolument attachée à sa liberté de créer, elle refuse de s’enfermer dans un seul genre et mène une recherche diversifiée dans les thèmes, les techniques, les matériaux, les volumes… Au cours de ses voyages, elle rencontre Gaudi, Tinguely, Niki de St Phalle, César, Arman et l’art contemporain qui lui offrent des horizons renouvelés. Sa passion pour le travail du relief et de la matière l’oriente vers le travail de sculpture et d’assemblage.

Dans son atelier de Bologhine, à Alger, éclot notamment sa célèbre série d’arbres effectuée à base de matériaux de récupération : L’Arbre du futur qui, dans un bouquet métallique de clés, nous laisse entrevoir la vie comme un engrenage complexe de voies et de moyens ; L’Arbre de l’eau qui, enraciné dans la terre restitue à profusion la vie dans de simples mouvements de robinets qu’il appartient à l’Homme d’ouvrir et de fermer, laissant entrevoir là la préoccupation si présente chez Aïcha pour la protection de l‘environnement ; L’Arbre des poètes qui égrène au gré des vents des rimes et des vers si chers à son coeur…

Aïcha Haddad, après une longue lutte courageuse contre la maladie, s’en est allée en 2006 à l’âge de 68 ans. Ses oeuvres, dans les collections publiques, notamment celles du Musée national des beaux-arts d’Alger et du Musée national du Bardo mais également à l’étranger et notamment à Paris à l’Unicef et au siège de l’Unesco pour lequel elle a réalisé une oeuvre monumentale, à Tokyo au siège de la Japan Foundation, à Rome au siège de la FAO, à Amman, Berlin, Djakarta… la maintiennent vivante au panthéon des artistes qui auront marqué le temps.

La carrière d’Aïcha Haddad sera récompensée par de nombreuses distinctions nationales et internationales. Aujourd’hui, un établissement culturel dans sa ville natale de Bordj Bou Arréridj et une salle du Musée national des beaux-arts d’Alger portent son nom. En hommage à son engagement militant pour la liberté et la promotion des arts plastiques en Algérie, les établissements Arts et Culture ont institué, dès 2003, le grand prix annuel « Aïcha-Haddad » ouvert aux professionnels comme aux amateurs et qui récompense la meilleure peinture. Une remise de prix où, jusqu’à sa disparition, la grande artiste, si timide par ailleurs, se faisait un point d’honneur d’assister pour y rencontrer participants et lauréats et échanger avec eux points de vue et conseils, fruits de son long parcours de plasticienne et de pédagogue.

Militante de la liberté d’être et de créer, femme d’engagement, artiste singulière et accomplie, pédagogue passionnée, Aïcha, tu es plus vivante que jamais et le Festival national de la création féminine te rend hommage, te remercie et te dédie cette édition.
Hommage a aicha haddad - fncf 2013


Festival national de la creation feminine algerie hommahe


Ouiza Bacha
 OUIZA BACHA    Revivifier la poterie traditionnelle

Alors que la pratique de la poterie traditionnelle se perdait et ne subsistait que dans quelques régions, supplantée par une production commerciale sans grande identité, c’est sans aucun doute le travail de Ouiza Bacha qui, le premier, est venu renouer avec un véritable art de la céramique.

Puissamment original, enraciné dans la tradition millénaire et ouvert à l’utilisation de techniques nouvelles, son art a non seulement produit de magnifiques pièces tout en délicatesse et en vérité mais a ouvert la voie à une nouvelle école de céramistes que nous découvrirons en partie au cours de ce Festival.

Rien ne prédisposait pourtant Ouiza Bacha à cela. Née en 1943 à Tasaft (Grande Kabylie) dans un village a priori sans grande tradition potière, elle poursuit ses études à Alger et devient institutrice puis professeure de collège. En 1977, elle accompagne son époux en Bretagne pour un travail de spécialité. Là, s’ouvrant à diverses expériences (vannerie, peinture sur soie…), elle s’initie à la poterie et au travail de la terre cuite qui deviennent immédiatement pour elle une véritable passion. « La terre, c’est quelque chose de palpitant, de sensuel. Si vous la touchez une seule fois, vous y revenez. » Elle entame sa formation de céramiste auprès d’un maître potier breton spécialiste du grés et va se perfectionner en sillonnant la région à la découverte des différentes techniques et méthodes.

Rentrée en Algérie en 1981, elle crée son atelier et se trouve très vite confrontée au problème de la terre qu’il faut préparer soimême et qui, spécifique à chaque région, ne supporte pas nécessairement les hautes cuissons. Avec l’aide de son époux converti à sa passion, elle parcourra le pays pour reconstituer un matériau adapté aux technologies modernes.
 
C’est auprès des potières des Ouadhias et de Maâtkas, célèbres pour leurs pièces, qu’elle va continuer à se former à la poterie traditionnelle. Très proche des objets qui l’ont entourée durant son enfance, elle reproduit l’héritage traditionnel en renouvelant sans cesse les formes, les décors, les modes de cuisson et les couleurs. Et le résultat en est surprenant de beauté et de modernité.

Curieuse de tout ce qui touche à l’art de la terre, elle cumule également rencontres professionnelles et stages, en Tunisie (Nabeul) et en Italie (Deruta) où elle consolide encore sa connaissance des techniques utilisées autour du bassin méditerranéen.

Convaincue de la valeur culturelle et anthropologique de la céramique berbère, Ouiza Bacha s’efforce de la faire connaître et de la vivifier en la confrontant à la modernité. Elle convertit à son art et à sa démarche artistique ses proches d’abord, et en plus de son époux, son fils et sa soeur qui s’y épanouissent avec succès mais, également, un certain nombre de jeunes céramistes à qui elle ouvre une nouvelle voie d’exploration.

Installée en Provence en 1994, Ouiza poursuit son objectif : produire de belles oeuvres afin de faire revivre un art ancestral en l’inscrivant dans le XXIe siècle. Elle découvre la technique japonaise du raku et l’incorpore à rencontres et animations sa création. Son travail est largement reconnu en Algérie mais également à l’étranger. En 2006, avec le concours de son époux et de l’artiste peintre Nouredine Bouder, elle aménage une maison berbère ouverte à tous à Montpellier et dans plusieures autres villes en France. Ses oeuvres ont notamment été présentées au cours de l’exposition « Ideqqi, art de femmes berbères » au Musée du Quai Branly à Paris (2007) et au Musée de la civilisation de Québec (2009).

Alors que nous préparions cet hommage, Ouiza Bacha s’est éteinte le 6 mai 2013, après un long combat contre la maladie. Nous saluons en elle la gardienne des savoir-faire ancestraux, la grande artiste résolument contemporaine, la femme, enfin, si fidèle à ses héritages qui a su redonner à cette tradition millénaire ses signes de noblesse.
Toile Aicha-haddad

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